mardi 8 janvier 2008

Rentrée littéraire africaine 2008

En repérage pour les prochaines Rencontres éphémères dans le 14ème arrondissement, j'ai découvert une librairie portant le nom de Tropiques. Le libraire est né en Afrique et a gardé pour ce continent une grande affection teintée de tristesse.

Au rayon rentrée littéraire, deux ouvrages m'attendaient. D'abord le nouveau roman de Léonora Miano : "Tels des astres éteints".

Ce troisième roman aborde deux sujets rarement traités dans la littérature de langue française, même s’ils ne sont pas tout à fait absents de la production des auteurs caribéens et africains. Avec Tels des astres éteints, Léonora Miano veut ouvrir au plus grand nombre les portes du monde assez méconnu de la conscience de couleur, et interroger la place de l’Afrique dans l’imaginaire de sa diaspora. Ici, c’est la question centrale : ce que c’est d’être noir. La France prend le parti d’occulter ce phénomène, mais dans un pays où certains se disent encore Français « de souche », indiquant par là qu’il y aurait une souche unique de l’identité française, on voit mal comment les Noirs de France (ou les Noirs en France) pourraient ne pas avoir conscience de leur couleur.

La France ne considère pas encore les souches : africaine, caribéenne, asiatique ou européenne de ses populations, comme ayant la même valeur, la même légitimité. Elle ne vit pas ouvertement son identité comme multiple, mouvante, toujours en construction, mais comme un espace très clairement circonscrit dans lequel les individus ne sont acceptés que dans la mesure où ils ne le modifient pas. Tels des astres éteints décrit la suffocation de ceux qui ne parviennent pas à habiter ce lieu pour des raisons diverses, et qui ne trouvent le confort nulle part ailleurs. Les astres s’éteignent dans un monde où leur lumière n’est pas conviée à se déployer, un monde qui croit pouvoir s’en priver sans conséquences, un monde devant lesquels ils baissent les bras, cherchant à en concevoir un autre. Les trois personnages de Léonora Miano sont trois soleils noirs qui voudraient se lever, mais qui ne le font pas. Le temps les rattrape.

Léonora a reçu le Prix Goncourt des lycéens en 2006 avec "Contours du jours qui vient".

Le second est le livre témoignage d'Ishmael Beah : Le chemin parcouru, Mémoires d'un enfant soldat.
Ishmael Beah st né en Sierra Leone en 1980.
Après avoir été enfant soldat, il arrive miraculeusement à rejoindre les Etats-Unis en 1998 grâce à une conteuse américaine, qui le prend sous son aile. Il termine ses études secondaires à la United Nations International School à New York avant d’entamer de brillantes études universitaires.

Ambassadeur de l’UNICEF, il fait partie du Human Rights Watch Children’s Rights Division Advisory Committee et a donné des conférences devant de nombreuses ONG s’occupant d’enfants victimes de la guerre. Il s’est également exprimé aux Nations unies à plusieurs occasions.
Véritable phénomène aux États-Unis, son livre lui a permis d’intervenir dans le monde entier pour défendre la cause des enfants soldats. Ishmael Beah a participé à la conférence de paris, organisée par l’
UNICEF en février 2007, où son intervention a été saluée par une ovation debout.
Librairie Tropiques 63, rue Raymond Losserand 75014 Paris - Tel : 01 43 22 75 95

2 commentaires:

Ashanti a dit…

J'ai trouvé cette vidéo d'Ismael Bea, elle est intéressante : http://www.dailymotion.com/unicef/video/x1dtyx_ishmael-un-enfant-sauve-de-la-guerr_extreme

Anonyme a dit…

La Fondation de Lille organise pour la 4eme fois le prix littéraire de la francophonie "Alain Decaux". Il s'agit d'écrire une nouvelle originale de 20 pages maxi. Le bulletin d'inscription est téléchargeable sur le site de La Fondation de Lille
http://www.fondationdelille.org/
à vos plumes, merci!